Quelle mobilité dans un monde post-confinement ?

Voici une question à laquelle il faudra vite répondre : comment se déplaceront les populations après le COVID-19 ? Les mesures de distanciation sociale ont redéfini nos comportements et nos perceptions de distance à l’autre.

Les villes vont donc devoir repenser la mobilité et prendre ces données en considération. Ce qui est certain, c’est que la micromobilité devrait être à l’honneur, si les décisionnaires lui donnent sa chance et aménagent les structures nécessaires.

La mobilité individuelle, une solution pérenne contre le coronavirus.

Marche à pied, vélo, voiture, transports en commun, trottinettes… le Covid-19 va à coup sûr changer nos déplacements ! Si de nombreuses villes avaient déjà pris le tournant d’une mobilité plus écologique, le Coronavirus va agir comme un catalyseur.

Alors que les opérateurs historiques comme SNCF ou la RATP annoncent leurs difficultés à faire respecter la distanciation sociale, les micromobilités devraient s’imposer comme une alternative plus sûre.

Selon Dominique Riou, ingénieur et chargé d’études au département Mobilité Transport de L’Institut Paris Région : “La mobilité de déconfinement devrait être largement individuelle : à pied, à vélo, en deux-roues motorisés ou en voiture”.

Un risque cependant : la recrudescence de l’utilisation de la voiture. Perçue comme un espace protégé, elle rassure les voyageurs. Selon une étude Ipsos, de nombreux usagers des transports en commun viennent grossir les rangs des automobilistes. En Chine, l’institut a observé que 66 % des consommateurs s’étaient tournés vers la voiture à la suite de l’épidémie, contre seulement 34 % auparavant. À l’inverse, ils étaient 56 % à prendre le métro et le bus, et ne sont dorénavant plus que 24 %.

Ce scénario individualiste risque de conduire rapidement à la saturation du réseau routier et à une dégradation croissante de la qualité de l’air. Ce dernier point n’étant pas souhaitable considérant les impacts de la pollution sur les fonctions respiratoires. La solution est ailleurs : le vélo sera idéalement au cœur de la mobilité post-confinement.

Le vélo : l’espoir d’une mobilité écologique et sécuritaire.

Le vélo dispose de nombreux avantages : il permet de respecter la distanciation sociale tout en se déplaçant rapidement. C’est également un atout santé et un allié de la qualité de l’air. De fait, le gouvernement français a annoncé un plan global de 20 millions d’euros pour inciter les Français à enfourcher leur bicyclette.

Que prévoit ce plan ? Un chèque de 50 euros pour faire réparer son vélo et un soutien financier et technique aux collectivités souhaitant créer des pistes cyclables temporaires. En effet, la réussite de cette restructuration de la mobilité réside dans la qualité de ses infrastructures. Les villes vont devoir être prêtes à accueillir un plus grand nombre de cyclistes dès la reprise des activités.

Ces dernières semaines, des grandes villes comme Berlin, Bogotá, Mexico ou New York, ont créé et élargi leurs pistes cyclables et zones interdites aux véhicules en quelques jours. Le confinement a permis un urbanisme tactique : une intervention rapide et à petit budget dans l’espace public.

En France aussi, le Covid-19 a un effet positif. Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a annoncé son soutien (300 millions d’euros) au projet de Réseau Express Régional Vélo (RER V). À Lyon, un plan mobilité post-déconfinement a été mis en place avec pour objectif plus de place accordée aux piétons et aux vélos. À Montpellier, deux aménagements de pistes cyclables ont été ouverts, un temporaire et un définitif. Et ces villes sont loin d’être des exceptions. Il ne reste plus qu’à souhaiter que ces mesures soient efficaces, tant en termes de santé que d’écologie.

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