Pourquoi le meilleur ascenseur n’est pas le plus rapide, mais le plus intelligent

La performance d’un ascenseur ne se mesure pas en mètres par seconde, mais en temps de trajet. Entre le moment où vous commandez votre destination et l’instant où vous l’atteignez, moins vous attendez, plus vite vous arrivez : c’est pourquoi un ascenseur doit surtout être intelligent.

Pourquoi privilégier la gestion des flux plutôt que la vitesse des ascenseurs ?

Avec la hausse constante de la taille et de la capacité des bâtiments depuis plusieurs années, l’enjeu de la gestion des flux humains s’est exacerbé jusqu’à transformer l’approche des ascensoristes, notamment en ce qui concerne les immeubles de bureaux.

« Si l’on considère que la performance d’un ascenseur se mesure à sa capacité de fluidifier les circulations au sein d’un bâtiment, la vitesse des cabines n’est pas le critère absolu, explique Éric Chauvelon, Responsable des ventes neuves High Rise chez thyssenkrupp Ascenseurs. Aujourd’hui, les maîtres d’ouvrage attendent surtout des temps d’attente minimum, de 25 à 30 secondes. »

Les ascenseurs les plus rapides atteignent actuellement 7 mètres par seconde en France, et même 21 mètres par seconde en Asie – en descente, leur vitesse ne dépasse pas, néanmoins, les 10 m/s pour éviter une trop forte compression des oreilles.

Mais cette vitesse ne sert à rien si elle n’est pas accompagnée d’une bonne gestion des flux, à l’image d’une Porsche ou d’une Ferrari qui ne serait utilisée qu’en ville.

« À quoi sert une puissance et une vitesse importantes si l’ascenseur s’arrête à chaque étage et modifie intempestivement son sens de circulation ? poursuit Éric Chauvelon. 80% des ascenseurs circulent aujourd’hui à 1 mètre par seconde ou 1,6 m/s, car cela suffit à répondre à leurs besoins. »

La vitesse coûte cher

La conception d’ascenseurs performants pour un immeuble de forte capacité consiste ainsi aujourd’hui, grâce à des outils de simulation, à trouver la combinaison adéquate entre la vitesse des cabines, leur nombre et leurs dimensions, en fonction du nombre d’étages, du nombre d’occupants par niveau et du temps d’attente recherché pour les passagers.

À chaque appareil ajouté, la fréquence de rotation est augmentée. Ceux qui considèrent que la multiplication des ascenseurs a pour effet d’augmenter en volume des espaces sans valeur ajoutée oublient qu’elle a pour effet d’améliorer le confort des utilisateurs.

La recherche d’une vitesse élevée a perdu d’autant plus de poids dans le choix final qu’elle a un impact fort sur le coût des appareils.

« Les ascenseurs les plus rapides requièrent des technologies de glisse et des composants plus onéreux, souligne Éric Chauvelon. À partir de 1,6 m/s, les coulisseaux qui enchâssent les guides sont remplacés par des rollers, plus coûteux. Les amortisseurs doivent être plus performants, et les réserves de sécurité plus profondes car il faut tenir compte de distances de freinage plus grandes. L’entretien se révèle aussi plus conséquent. »

La recherche d’une meilleure gestion des flux justifie, en revanche, le recours à des systèmes de pré-enregistrement des destinations, sur le palier des ascenseurs, car ils ont pour avantage, en regroupant des personnes se rendant aux mêmes étages, de réduire le nombre d’arrêts probables, donc les temps d’attente et les temps de trajet.

Elle explique aussi l’intérêt d’appareils économisant l’espace, tels que les ascenseurs TWIN de thyssenkrupp Ascenseurs qui se combinent par paires dans une gaine commune.

« Elle a ouvert la voie, enfin, conclut Éric Chauvelon, à l’identification des passagers et de leur destination dès le passage aux portillons d’entrée dans l’immeuble, au moyen de données incluses dans leurs badges, car cette information transmise au plus tôt aux ascenseurs réduit encore les temps « morts ». Elle encourage aussi à améliorer les signalétiques et à favoriser des paliers plus vastes, plus confortables. La gestion des flux s’envisage de manière verticale, mais aussi horizontale. »

Laurence Despins

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