Mobilité urbaine : les « cimetières de vélos », nouveau fléau

Les vélos et deux-roues en libre-service, sans bornes d’attaches, se déploient à Paris. Nouvel enjeu : éviter l’émergence, comme en Chine, de « cimetières de vélos ».

Les « cimetières de vélos », nouveau fléau

Depuis le printemps dernier et la disparition des Vélib’ à Paris, plusieurs startups de « free-floating », service de location de vélos, de deux-roues et de trottinettes électriques en libre-service, sans bornes d’attache, se déploient dans la Ville-Lumière. Pratiques – le déverrouillage et le paiement s’effectuent par smartphone interposé – et économiques – le service ne coûte que quelques euros par demi-heure -, ces nouveaux moyens de locomotion, par leur multiplication et leur succès présumé, transforment la mobilité urbaine dans la capitale.

Elles imposent néanmoins la mise en place de nouvelles règles de partage de l’espace public.

Une charte de bonne conduite

Les voies de circulation sont, bien sûr, les premières à être impactées, les voitures devant laisser de la place à ces moyens de transport plus légers et agiles, et de plus en plus nombreux. Mais les trottoirs et zones de stationnement sont, logiquement, tout aussi touchés.

En juin 2018, la Mairie de Paris a ainsi fait signer aux startups de free-floating une charte de bonne conduite afin d’éviter les parking sauvages : celle-ci interdit, entre autres, le stationnement des deux-roues sur les trottoirs, et impose aux opérateurs d’enlever, vingt-quatre heures après leur signalement, tout véhicule cassé, sous peine que la Ville de Paris s’en charge et fasse payer la facture à la société de location.

Un forfait pour occupation de l’espace public pourrait également être imposé à ces startups par la municipalité.

Des risques d’encombrements

Le risque est grand, en effet, que les vélos, scooters et autres trottinettes, en proliférant dans l’euphorie du développement de ce nouveau marché, ne viennent envahir, par des stationnements incontrôlés, l’espace dévolu aux piétons et aux personnes à mobilité réduite.

Pis encore, si le marché atteint un stade de saturation, voire de sursaturation, la ville pourrait se voir débordée par une prolifération de vélos et de deux-roues inutilisés.

En Chine, des mégalopoles comme Shanghaï et Shenzen se retrouvent aujourd’hui encombrées par d’immenses « cimetières de vélos » regroupant des milliers de bicyclettes et s’étendant sur plusieurs hectares en périphérie et même au cœur des villes, à cause d’une demande bien inférieure à l’offre, et de la faillite de plusieurs sociétés de free-floating.

À Paris, la hongkongaise Gobee.bike a disparu de la circulation pour cause de vandalisme (entre autre) quelques mois seulement après avoir été pionnière du free-floating dans la capitale. Du vélo en libre-service au vélo jetable encombrant nos déchetteries, n’y aurait-il qu’un tour de pédale ? Il apparaît urgent d’imposer un nouveau cadre – législatif – à ces vélos.

Laurence Despins

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