L’urbanisme tactique : une nouvelle orientation de la mobilité

Dans le contexte actuel de la crise sanitaire liée au COVID-19, les citoyens doivent respecter une distanciation physique, et ce, pour une durée indéterminée. De fait, un réaménagement rapide des espaces urbains apparaît comme nécessaire. L’urbanisme tactique est un concept récent, apparu il y a une quinzaine d’années. Il s’impose aujourd’hui comme la solution en réponse à cette problématique.

 

Qu’est-ce que l’urbanisme tactique ? Pourquoi est-il plébiscité actuellement ?

Qu’est-ce que l’urbanisme tactique ?

L’urbanisme tactique a été créé en 2005 à San Francisco par le Collectif Rebar, pour être ensuite théorisé par l’urbaniste américain Mike Lydon.

L’urbanisme tactique est une façon de réaménager les espaces urbains en se basant sur les besoins des habitants. Il n’implique pas nécessairement de passation de marchés publics ni de travaux d’ampleur. Les projets peuvent être portés par des élus locaux, mais aussi par les habitants avec l’accord des élus. Ils deviennent ainsi force de proposition et s’implique dans l’aménagement de leur lieu de vie.

L’urbanisme tactique repose sur un principe : réaliser localement et rapidement des aménagements temporaires d’espace public en utilisant du matériel facile à installer.

Ses avantages sont : la rapidité de mise en œuvre et le caractère réversible des aménagements. Les projets d’urbanisme tactique accélèrent les processus de transformation urbaine. Ils permettent de multiplier les expériences et de disposer rapidement de retours, tout en mobilisant ses habitants.

L’urbanisme tactique est apparu pour faire face aux restrictions budgétaires et replacer les habitants au centre des décisions. Généralement, les grands projets d’aménagement urbain sont onéreux et guidés par des collectivités locales déconnectées des besoins réels.

Pourquoi ce sujet est-il sur le devant de la scène aujourd’hui ?

À la fin du confinement, la nécessité d’aménager rapidement l’espace urbain pour répondre aux besoins de distanciation sociale s’est faite pressante. La mobilité ne reviendra pas à la normale tout de suite. Pendant les mois à venir, les citadins se déplaceront moins et plutôt dans un périmètre restreint. De fait, l’urbanisme tactique devient une évidence.

Quelles sont les conséquences sur la mobilité en ville ?

    • Se déplacer moins : réduction de l’utilisation de la voiture et donc des voies de circulation et des parkings ;
    • Se déplacer dans un périmètre restreint : réduction des distances de déplacement et donc modification partielle des modes de transport ;
    • Respecter une distanciation physique : mise en place d’une distance entre les personnes, utilisation moindre des transports en communs et développement des alternatives comme les mobilités douces ;

Le constat ? La marche et le vélo deviennent les formes de mobilités individuelles à privilégier. Cependant, la plupart des villes sont organisées autour de l’usage de la voiture. Les pistes cyclables sont peu présentes et les espaces dédiés aux piétons sont restreints. De fait, la distanciation physique devient difficile à respecter.

Un aménagement rapide de l’espace urbain est une des clés du problème.

Comment faire ?

      • Élargir les trottoirs devant l’entrée des magasins en supprimant quelques places de stationnement ;
      • Tracer des pistes cyclables temporaires et sécurisées sur les routes ;
      • Baliser les espaces publics à l’aide de marquages au sol pour matérialiser la distanciation sociale ;

Quelles sont les initiatives déjà lancées pour repenser la mobilité d’un monde post-COVID ?

De nombreuses initiatives d’urbanisme tactique ont déjà vu le jour à l’étranger, notamment en Colombie et en Nouvelle-Zélande. Bogotá par exemple a mis en place 117 km de pistes cyclables temporaires. En Nouvelle-Zélande, dans le cadre d’un appel à projet pour les villes, 50 millions d’euros pourront être mobilisés afin d’expérimenter un espace public post-Covid19.

La mobilité ne reviendra pas à la normale dans les prochains moins, et qui sait, dans les prochaines années. Est-il vraiment souhaitable qu’elle y revienne un jour ? L’urbanisme tactique, qui favorise les mobilités douces, n’est-il pas un projet à pérenniser, aussi bien pour le bien-être citoyen que pour la pérennité écologique ?

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