Les voitures à hydrogène, c’est pour quand ?

Les voitures à hydrogène pourraient bien être les véhicules les plus verts de demain. Mais pourquoi ne se développent-elles pas aussi vite qu’on le voudrait ? Gros plan sur les atouts et les freins de cette technologie.

Voitures à hydrogène

Aujourd’hui, 12 000 automobiles roulent à l’hydrogène dans le monde. Une goutte d’eau dans l’océan d’un marché saturé à l’essence, où les voies de la croissance sont ouvertes avant tout par l’électrique. Néanmoins, les constructeurs Toyota, Hyundai, Honda, et bientôt Renault, Audi et Mercedes s’intéressent à cette technologie au point de commercialiser des voitures fonctionnant à cette énergie.

Propreté, autonomie, temps de recharge réduit

Les voitures à hydrogène utilisent une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité en produisant de la vapeur d’eau, ce qui présente un atout majeur pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En outre, cette pile n’utilise aucun métal rare. Par rapport aux batteries lithium-ion, elle apporte une plus grande autonomie au véhicule tout en ne demandant qu’un temps de recharge très réduit. Son rendement se révèle, en revanche, bien moins élevé, et la voiture à hydrogène consomme deux fois plus d’énergie que sa cousine électrique.

Production de CO2, transport et coûts

L’hydrogène présente même, aujourd’hui, des inconvénients… Pour l’environnement ! Ce gaz se fabrique, en effet, en utilisant presque exclusivement des énergies fossiles, et en produisant une grande quantité de CO2 (13 tonnes de CO2 pour une tonne d’hydrogène générée). Le seul hydrogène réellement écologique est celui produit par électrolyse de l’eau, à partir d’une électricité issue de l’éolien ou du solaire. Sa production à grande échelle ne peut donc s’envisager que dans un monde déjà dominé par les énergies renouvelables.

Le transport constitue un autre point à régler en cas d’importation de cette énergie : à l’état gazeux, l’hydrogène n’est pas assez compact, et il ne devient liquide qu’à une température de -253°C…

Des freins économiques

Les freins au développement des voitures à hydrogène restent, néanmoins, surtout économiques, les pompes à hydrogène étant beaucoup plus coûteuses à installer que les bornes électriques – même si, en contre-partie, une seule pompe équivaudrait à 600 bornes ! Conséquence logique, les projets en cours, en France, naissent le plus souvent d’une volonté politique et concernent des flottes de véhicules rattachées à des stations à hydrogène en propre : flotte de la société Engie Cofely, filiale Hynamics des utilitaires d’EDF, futurs bus de la ville de Pau, compagnie de taxis Hype… La voiture à hydrogène a donc de l’avenir sous certaines conditions, qui ne sont pas encore toutes réunies.

 

Laurence Despins

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